Historique du Centre de Counselling de Sudbury (autrefois le Service familial de Sudbury)

Le partage d’une perception commune, soit le besoin d’aide et d’appui à l’unité familiale ébranlée par le marasme économique et social des années 1960 et 1970, a inspiré quelques leaders, notables de la communauté à l’époque. Me Guy Boulard, alors juge à la cour familiale de Sudbury qui, en relation quotidienne avec des familles en difficultés, avait jugé essentiel de mettre en place un service de counselling, particulièrement pour les francophones unilingues pour la plupart, qui n’avaient aucun accès à des services sociaux dans leur langue. De par ses fonctions à la cour, le juge Boulard ne pouvait qu’appliquer la loi. Alors il rallie le gérant d’une caisse Populaire M Arthur Pharand, un curé de paroisse le père Lacoursière appuyé de l’évêque du diocèse Mgr Dépatie, ainsi que Me Richard Pharand et Donald Dennie pour constituer un premier bureau directeur et il recrute aussi quelques travailleurs sociaux pour organiser en 1970 un organisme capable de relever le défi semblable à celui du père Morin de Sturgeon Falls.

Né de cet effort communautaire, Le Service familial de Sudbury entreprit, dès ses débuts, de rendre accessible à toute la communauté de Sudbury et de la région, un service de counselling géré et offert entièrement par des bénévoles ayant suivi une formation et encadré par des professionnels.
Le premier conseil d’administration était composé de douze (12) membres. Le Service familial a ouvert ses portes au début du mois de juillet 1971 avec la collaboration du père Morin – alors transféré à la paroisse St-Jean de Brébeuf – d’une coordonnatrice à temps plein non rémunéré, d’une vingtaine de bénévoles en intervention et un prêt de mille dollars (1 000 $). Ses premiers locaux ayant été aménagés, « gratis pro Deo », par M. Henri Lapalme, un menuisier à la retraite du Moulin à Fleur, dans le sous-sol de l’église de l’église St-Jean de Brébeuf de Sudbury, illustre la volonté collective de cette période.

Le counselling était désormais disponibilité à toutes personnes qui en faisaient la demande, indépendamment de leur langue, leur religion ou leur race et reflétait l’esprit philanthropique et communautaire des fondateurs. Les bulletins paroissiaux et le réseau des Caisses populaires entre autres ont été les principaux outils de marketing du Service familial de Sudbury et plus de 200 familles ont bénéficié des services durant la première année.

Pendant dix (10) ans, soit de 1971 à 1981, le Service familial a poursuivi ses objectifs grâce à l’excellent travail de bénévoles. Les principaux objectifs établis lors du premier anniversaire (1972) étaient de :

  • Tenir un fichier de personnes intéressées bénévolement pour assurer un bon fonctionnement
  • Définir de nouvelles stratégies pour intervenir plus efficacement dans :
    • Les rapports parents/enfants
    • Relations conjugales
    • Rapports famille/société
    • Aspects moraux, légaux, financiers, psychologiques et sociologiques de la famille.

Il va sans dire que la motivation et le dévouement étaient la plus importante ressource car le budget de 4 700 $ pour l’année fiscale 1972-73 en dit long. Durant cette même période, ces services offerts par des bénévoles ont aidé plus de 1500 familles.

Toutefois, face à des réalités légales, professionnelles et administratives, l’organisme s’est rendu compte qu’il devait embaucher des professionnels à temps plein et obtenir son incorporation. Grâce à un octroi du ministère des Services sociaux et communautaires dans le cadre du programme « d’initiatives francophones », le Service familial a embauché un directeur général, une conseillère et une secrétaire/réceptionniste à temps plein en octobre 1981.

Au cours des années suivantes, le Service familial de Sudbury a continuellement progressé toujours en offrant des services bilingues. Le SEF est sans doute un pionnier parmi les agences de son envergure à être entièrement bilingue dans la province. Différents programmes de sensibilisation et de prévention ont été développés et mis en place. La société d’aide à l’enfance, la Cour de la famille, le Service municipal de bien-être ainsi que le département de Service social de l’Université Laurentienne et du Collège Cambrian sont quelques-uns des organismes qui ont permis au SFS d’assurer une croissance rapide ainsi qu’une place prépondérante dans la région.
Aujourd’hui, tous les services de counselling sont offerts par du personnel qualifié en intervention et ayant une formation en sciences humaines. Le conseil d’administration est composé de sept membres et fonctionne selon le modèle de gouvernance par politiques.

Au mois de janvier 2008, le nom de l’agence a changé et s’appelle maintenant le « Centre de counselling de Sudbury » (CCS). Le CCS est membre agréé de Services à la famille-Canada, Services à la famille-Ontario et d’Employee Assistance Society of North America (EASNA).